Dominique Brun : « Il est important que les centres de formation mènent, auprès des jeunes, une sensibilisation au handicap »

Interview de Dominique Brun, chef pâtissier et consultant

L’association Comme les autres (CLA) œuvrant dans le domaine du handicap et l’association d’aide à l’intégration de personnes réfugiées Action emploi réfugiés (AER) se sont donné rendez-vous au Ceproc, le 21 juin, pour donner l’opportunité à plusieurs de leurs adhérents de concocter un déjeuner autour de spécialités culinaires du monde et de recettes pâtissières françaises. L’opération s’est déroulée sous l’impulsion du pâtissier Dominique Brun. Bénévole au sein de CLA, très investi dans les épreuves pratiques de pâtisserie au Ceproc en tant que membre des jurys, ce professionnel de longue date, titulaire d’un titre de Meilleur apprenti de France (MAF) décroché en 1979, est paraplégique. Un handicap, qui loin de contenir sa passion du métier, l’incite au contraire à aller de l’avant et à transmettre son savoir-faire plus que jamais.

Comment est né ce projet ?

Créée en 2011 par le champion olympique de tennis en fauteuil roulant Jonathan Jérémiasz, Carolyn Jérémiasz-Aldridge et Michaël Jérémiasz, l’association CLA au sein de laquelle j’œuvre m’a sollicité pour l’organisation d’un atelier culinaire au profit de personnes à mobilité réduite, en collaboration avec des adhérents de l’association AER. J’ai, d’emblée, adhéré au projet en manifestant le souhait d’y associer le Ceproc. J’ai rencontré la direction de l’établissement qui l’a accueilli à son tour avec enthousiasme.  

A qui s’est adressé précisément cet atelier culinaire ?

L’atelier a rassemblé quatre personnes en fauteuil roulant et quatre personnes réfugiées valides. Ma collègue cheffe, spécialiste de cuisine africaine, et moi avons eu le plaisir de les encadrer toute la matinée durant.  Les unes et les autres ont travaillé en parfaite harmonie.

Quel était l’objet de cet atelier ?

Il s’agissait de concevoir des plats cuisinés et des pâtisseries basiques. Riz gras, chips d’igname, poulet frit aux épices, légumes mijotés, pêches au four à la lavande accompagnées d’une glace à la vanille, cheesecake aux fraises revisité, ont été l’essentiel des recettes qui ont mobilisé la matinée des participants. Ces derniers ont également préparé des eaux parfumées à base de fleur d’ibiscus et à base de gingembre neutre. A l’issue de la séance, toute l’équipe s’est réunie au restaurant d’application, le Jardin des Saveurs, pour déguster les plats élaborés. Le service était remarquable.

Les apprentis du Ceproc ont-ils pris part à cet atelier ?

Oui, bien sûr. Trois apprentis, encadrés du formateur de cuisine Eric Barranger, ont été associés à cet atelier en qualité de « soutiens ». Leur comportement a été exemplaire. Je tiens à saluer leur implication. Grâce à cette séance, les apprentis ont pu mesurer combien les personnes en situation de handicap pouvaient travailler le plus normalement du monde, comme des personnes valides. Il est important que les établissements scolaires et les centres de formation mènent, auprès des jeunes, ce travail de sensibilisation au handicap. C’est un enjeu pédagogique et citoyen à part entière.

Quel bilan tirez-vous de cette initiative ?

Une immense satisfaction. Tout s’est parfaitement déroulé. C’est toujours un bonheur de transmettre une lueur de réconfort et d’espoir. Je remercie, à ce titre, le Ceproc et ses équipes de nous avoir accueillis dans les meilleures conditions.

Propos recueillis par le service de communication du Ceproc

 

 

 

 

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